III. Les grandes écoles
A. Les écoles d’ingénieurs
La liste des écoles habilitées à délivrer un titre d'ingénieur diplômé est établie
par la CTI (Commission des Titres d’Ingénieur) qui est un organisme indépendant,
chargé par la loi française depuis 1934 d’habiliter toutes les formations d’ingénieur.
L’habilitation à délivrer un titre d’ingénieur est décernée pour 6 ans au maximum,
renouvelables. La majorité des formations déjà habilitées réussit à renouveler son
accréditation pour 6 ans. Mais si, lors d’une évaluation, la commission se rend compte
de trop nombreux points faibles, elle peut réduire la durée d’habilitation à 3, 2
ou 1 an, voire la supprimer dans des cas extrêmes. Une durée d’habilitation de trois
ans, voire moins, doit donc vous alerter sur la qualité de la formation dispensée
par l’école.
Remarques :
- Souvent, lorsqu’une école d’ingénieurs propose une nouvelle formation,
la commission estime ne pas avoir assez de recul pour l’évaluer de manière fiable ;
c’est pourquoi elle ne lui accorde qu’une durée d’habilitation de 3 ans.
- Ce sont les formations d’ingénieurs qui sont accréditées et non les écoles dans
leur ensemble. Un établissement peut compter plusieurs titres d’ingénieur avec différentes
durées d’habilitation.
Soyez vigilant face aux discours commerciaux tenus par les chargés de recrutement
des écoles d’ingénieurs, notamment dans les salons étudiants et les journées portes
ouvertes. N’accordez pas une trop grande importance aux chiffres affichés par les
écoles du type : « 80% obtiennent un poste après x mois ». De quel type de postes
s’agit-il ? De plus, ces informations sont souvent invérifiables.
Les termes tels que « formation en cours d’habilitation » (donc pas habilitée !),
« école reconnue à l’international » (reconnue par qui ? Qu’est-ce qui prouve cette
reconnaissance internationale ?) ou « école reconnue par l’Etat » ne valent pas grand
chose. Notez que le fait qu’une école soit reconnue par l’Etat n’est pas un signe
de qualité des formations qu’elle dispense. La reconnaissance par l’Etat d’une école
n’a rien à voir avec une quelconque habilitation par la CTI des formations qu’elle
dispense.
Attention également au terme « Titre certifié par l’Etat ». Cela signifie généralement
que le diplôme délivré par l’école est certifié de niveau I (à peu près équivalent
à un bac +5) ou II (niveau universitaire intermédiaire entre bac + 3 (licence) et
bac + 4). Cela ne signifie en rien qu’il s’agisse d’un diplôme d’ingénieur. De plus,
sachez que, dans certains écoles, on entretient volontairement une certaine confusion
entre les termes « ingénieur » et « titre certifié de niveau 1 » afin d’induire le
client potentiel en erreur. Pour trouver un exemple, il nous a suffi de faire une
recherche (le 28.8.2011) avec google en entrant les mots-clés « Ecole d’ingénieurs ».
Deux des liens sponsorisés renvoyés par le moteur de recherche ont été capturés et
figurent ci-dessous. Malgré les titres « Ecole d’ingénieurs » et « Ecole Ingénieur »,
les écoles mentionnées ne délivrent aucun titre d’ingénieur ! Vérifiez donc bien
que la formation que vous visez est habilitée par la CTI.
Méfiez-vous également des écoles « d’ingénieurs » dont la formation ne s’étale que
sur quatre ans au lieu de cinq .
Pour vous aider à faire votre choix parmi les écoles d’ingénieurs, nous vous conseillons
de consulter le palmarès des écoles d’ingénieurs publié par l’Etudiant.
B. Les écoles de commerce et de management
Les meilleures écoles de management et de commerce françaises sont habilitées par
la Commission d’Evaluation des Formations et Diplômes de Gestion (CEFDG) à délivrer
un diplôme visé par le ministre chargé de l’enseignement supérieur et conférant à
leur titulaire le grade de Master (bac + 5). Vous pouvez consulter la liste de ces
écoles ou la liste des diplômes des écoles visées par le ministre chargé de l'Enseignement
supérieur et conférant à leurs titulaires le grade de master. Les écoles de commerce
non référencées dans ces listes ne font pas partie des grandes écoles de commerce
et ne sont, par conséquent, pas membres de la conférence des grandes écoles.
Méfiez-vous des mentions telles que :
- « école reconnue par l’Etat » : La reconnaissance de l’Etat garantit seulement
le respect de certaines normes pédagogiques concernant notamment le recrutement,
le nombre d’heures d’enseignement et la qualité des cours dispensés. Pour une école,
le respect de ces normes est le minimum nécessaire pour que ses étudiants puissent
toucher des bourses sur critères sociaux. Mais ces normes sont nettement moins contraignantes
que celles imposées par la CEFDG. Les diplômes des écoles simplement reconnues par
l’Etat ne confèrent pas à leurs titulaires le grade de master. Il ne faut surtout
pas confondre les appellations « diplôme visé par l’Etat » et « Ecole reconnue par
l’Etat » ! D’ailleurs, de nombreuses écoles de commerce mettent en avant, notamment
sur leurs sites, le fait qu’elles sont reconnues par l’Etat afin de tromper leurs
futurs étudiants sur la valeur réelle du diplôme qu’elles délivrent.
- « Titre certifié par l’Etat » : Les écoles qui affichent cette mention, parmi
lesquelles de nombreuses écoles de commerce en alternance, omettent souvent de préciser
le niveau de certification de leur diplôme. Celui-ci est généralement certifié de
niveau II, c’est-à-dire, comme nous l’avons déjà écrit plus haut, de niveau intermédiaire
entre bac + 3 et bac + 4, voire de niveau III (bac + 2) alors qu’il a nécessité cinq
années d’études.
- « diplôme certifié par un organisme international » : Que vaut cet organisme
international ? Qui le connaît ? Suffit-il de payer pour recevoir la certification
et afficher le logo de cet organisme ?